Partagez
< RETOUR À LA CARTE
HistoireDocuments & actualité

Barcelone

Barcelone est une ville espagnole, capitale de la Catalogne, de la province du même nom et de la comarque d’El Barcelonès. Elle se situe sur la côte méditerranéenne à l’embouchure des fleuves Besòs et Llobregat.

 

1918

Le 25 décembre 1918 vers 10h50, un avion français désarmé de type Salmson 2 se posa sur l’hippodrome de Barcelone, piloté par René Cornemont, avec Pierre-Georges Latécoère comme passager. Ce trajet, depuis Toulouse, fut effectué en 2h20.

Enthousiasmés par ce premier voyage, le capitaine Beauté et les lieutenants Lemaître et Moraglia  offrent leurs services à P.-G. Latécoère. (Danel 1986, 17)

Le 10 avril, après deux premières tentatives infructueuses, Beppo de Massimi et le lieutenant Rodier rallient Madrid depuis Barcelone, accomplissant  un voyage d’étude d’embranchement de la Ligne.

La visite à Madrid se passe mal et la ligne ne sera pas étendue. Il faut voir dans cette difficulté l’ordre politique espagnol intérieur qui opposait notamment le Roi à certains de ses ministres : une Germanophilie marquée au lendemain de la première guerre mondiale et le fait que l’Espagne, très protectrice de ses droits souverains, avait refusé de signer la première grande convention internationale de navigation aérienne (la C.I.N.A.) en 1919. (Danel 1986, 64).

barcelone 1918

1919

Dans le contexte du contrat français signé en juillet 1919, Barcelone fait partie de la Ligne aérienne Toulouse-Rabat et compte comme première étape internationale sur cette ligne : Toulouse-Barcelone via Perpignan fait 380 kms sur les 1755 que compte Toulouse-Rabat.

1920

L’aéroplace (comme on appelle un petit aérodrome à l’époque) de Barcelone, est aussi appelée « la volatéria » par les Espagnols. A l’origine, il s’agit d’une bande de terrain de  200-300 m de large pour 600-800 m de long, placée au bord de la mer à une quinzaine de kilomètres de Barcelone. En 1920, son premier chef est Raymond Vanier qui la décrit entourée de rizières et de marécages, pleine de moustiques, près de la mer et loin de la ville.

Le terrain d’atterrissage étant marécageux, il séjourne dans le village de Pratt de Llobregat et le rallie d’abord par mule, puis plus tard au moyen d’une vieille Chevrolet Torpédo. La route étant longue et peu praticable, l’essence en bidons de 200 litres (taille standard) ne peut y être amenée et doit être transvasée dans des fûts de 50 litres amené par tartane.

Quant aux installations, elles consistent à l’origine en un hangar Bessoneau (une sorte de « kit » militaire), puis en une baraque en bois, où une popote tourne bientôt grâce à l’épouse de Raymond Vanier.

Les conditions de vie, bien que bonnes dans la ville, n’en sont pas moins difficiles sur le terrain. Vannier se souvient que le train mettait chaque jour 5h30 pour rejoindre l’aérodorome et que le retour n’avait lieu que vers 21h30.

Parmi les pilotes qui seront basés à Barcelone, on peut citer Guénard, Jayet, Lunel, Benoit, Cavaillès, et Trachet.

Barcelone joue un rôle important dans la vie de la Ligne. En effet, les nouveaux pilotes, une fois formés, sont toujours « lâchés » d’abord sur Toulouse-Barcelone, où leur première « victoire » est de franchir les Pyrénées !

« Le pauvre pilote lancé par Toulouse sur la route de Barcelone se remémorait les consignes reçues et poussait un soupir de soulagement en contournant le Canigou, point de mire au sommet de neige étincelante. Volant haut et vite, poussé par le vent, il survolait le col du Perthus et le fort minuscule lui semblait sans intérêt dans l’immensité du paysage offert à sa vue. » (Vanier 59-60)


Même s’il passait à l’aller, il arrivait qu’un pilote ne puisse pas revoler avec succès au retour car les vents rabattants dominants avaient parfois une vitesse égale ou supérieure à celle des avions utilisés. Il ne restait alors plus qu’à se poser et à attendre que les vents faiblissent…

Barcelone-Tanger : le 12 janvier 1920, en dépit du refus initial, le gouvernement espagnol accorde à Latécoère le droit d’établir une ligne Barcelone-Alicante-Malaga-Tanger. La concession est fixée pour quatre ans. Suite à une modification de la position du gouvernement espagnol, Latécoère inaugure la ligne  Barcelone-Malaga le 3 avril 1920. (Danel 1986, p. 65) [Attention: Vanier p. 48 dit que c’était le 1er avril]

Un essai Barcelone-Palma-Alger sur un Caudron, avec Daurat, son adjoint Pranville et le pilote Enderlin, accusa de multiples arrêts de moteurs. C’est un des gros problèmes de la Ligne. On peine à trouver, après les Salmson et autres Bréguet 14, du matériel approprié.

Barcelone reçoit aussi de temps en temps des hôtes illustres, tel que le Roi des Belges Albert 1er de retour d’une visite au Maroc « conduit » par le pilote Dombray. Faute d’assistance locale, la femme de Raymond Vannier préparera un repas sommaire pour sa Majesté, lors de la halte de midi.

1925

En raison des difficultés à établir une ligne de raccord sur Madrid et le besoin de montrer l’importance de la compagnie pour le transport aérien, la Compagnie Latécoère décide de « frapper un grand coup » en exposant des avions au Salon International de l’Automobile de 1925. Celui-ci doit se tenir dans un nouveau palais des expositions construit sur le flanc de la colline Montjuich.

L’un des avions, un Farman F70, fut envoyé par le train et remonté sur place, mais l’autre, un nouveau Laté 14, après un court vol depuis l’aérodrome, se posa directement à Montjuich et endommagea ses extrémités d’ailes. Celles-ci furent réparées dans le hall même d’exposition.

Le 29 mai 1925, jour de l’inauguration, sur le stand Latécoère, deux appareils rutilants étaient exposés et attendaient l’arrivée du Roi. Mais celui-ci fut redirigé plus loin… Des remontrances publiques de Raymond Vanier attirèrent l’attention d’Alphonse XIII qui revint avec sa suite se faire expliquer en détails le « fonctionnement » de la Ligne.

roi espagne

Deux jours plus tard, malgré les difficultés diplomatiques qui continuaient d’affecter le survol du territoire espagnol du Rio del Oro, la ligne Cablanca-Dakar était ouverte.

 

Source : Raymond Vanier, Tout pour la ligne, Paris, France Empire, 1960.