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Toulouse

Dans les années 1920, Toulouse est la ville des pionniers de l’aviation, sous l’impulsion de Pierre-Georges Latécoère, qui met en place des liaisons avec Casablanca et Dakar. En 1927, est créée l’Aéropostale, avec des figures comme Antoine de Saint-Exupéry et Jean Mermoz. Pierre-Georges Latécoère était venu dans la ville rose pour créer des wagons de chemin de fer, mais, lorsque la guerre éclate, il est chargé par le gouvernement de développer des avions sur son site industriel de Montaudran.

Présentation

Lieu de naissance de l’industrie aéronautique avec la première ligne aérienne régulière transcontinentale, le terrain de Montaudran fera de Toulouse, quelques décennies plus tard, la Capitale Européenne de l’Aéronautique et de l’Espace. L’avion devient un symbole de modernité pour la ville, qui organise ses premiers meetings aériens vers 1910.

Résumé

« L’aérien pour relier les Hommes » telle était l’idée de Pierre-Georges Latécoère, fondateur des Lignes Aériennes Latécoère qui deviendront Aéropostale.

Cette aventure va se révéler comme la plus grande de l’aéronautique française, avec ses joies et ses drames, son extension et sa chute brutale. L’Aéropostale aura permis à des pilotes courageux de devenir des mythes de l’aviation française.

Histoire

1er voyage 1918

Tout a commencé avec un homme, Pierre-Georges Latécoère, un entrepreneur visionnaire. Héritier en 1905 d’une usine construite par son père Gabriel il livre jusqu’en 1917 du matériel ferroviaire, des caisses de munition et autres cuisines de campagne. Il fait cependant le pari de pouvoir se convertir à la construction aéronautique et propose ses services à Louis Loucheur, ministre de l’armement du gouvernement Clémenceau. Au début de 1917, il reçoit une commande de l’Etat pour assembler des biplaces de reconnaissance Salmson 2 A-2.

Cette année-là, son usine de matériel ferroviaire, installée à Montaudran au nord-est de Toulouse, est convertie dès septembre et se spécialise dans la fabrication d’avions de guerre et bénéficie d’agrandissements conséquents pour répondre aux commandes du ministre de l’armement. L’entreprise emploie près de 1 500 personnes et les équipes de montage des appareils sont encadrées par les ingénieurs Emile Dewoitine et Marcel Moine. L’armée recevra plus de 800 appareils de l’usine Latécoère. C’est Emile Dewoitine qui permet le démarrage de la fabrication en série avec le premier appareil prêt en mai 1918.

Quelques jours après la signature de l’armistice, le gouvernement résiliera tous les contrats militaires, dont ceux signés avec Latécoère. L’industriel toulousain avait déjà en tête l’idée d’une aviation commerciale civile. Il envisage alors d’utiliser à des fins pacifiques les appareils construits pour la guerre. D’autres constructeurs font de même, tel que Farman qui s’oriente vers l’Angleterre.

Son projet : transporter le courrier par avion à travers trois continents,
de Toulouse à Buenos Aires, puis jusqu’à Santiago du Chili.

Le pari à l’époque est de taille : les avions sont peu performants, des pays sont encore réticents au passage de La Ligne et le développement du projet nécessite des moyens humains et financiers importants. D’ailleurs à la fin de la guerre, Latécoère n’a que 80 techniciens dans son usine et ils sont occupés à la modification des Bréguet XIV, utilisés sur la ligne à ses débuts. Quant à Marcel Moine, il s’occupe depuis avril 1918 de dessiner les plans de deux premiers avions postaux, les LAT.3 et le trimoteur de transport LAT.4

Toutes ces contraintes font dire à Pierre-Georges Latécoère dans une phrase devenue célèbre « J’ai refait tous les calculs. Ils confirment l’opinion des spécialistes. Notre idée est irréalisable. Il ne nous reste plus qu’une seule chose à faire : la réaliser ! »

Le LAT.3 est exposé en décembre 1919 au sixième salon de l’aéronautique, mais son coût s’avère supérieur à celui des Bréguet XIV utilisés en surplus sur la ligne. Il en sera de même pour plusieurs autres modèle dont le LAT.4, Toutefois, l’expérience acquise permettra plus tard de mettre en chantier des avions plus performants,  notamment en réponse aux difficultés apparemment insurmontables d’une liaison à très longue distance.

Personne ne croit vraiment à ce projet de ligne Toulouse-Santiago osé, excepté Beppo de Massimi, son ami lieutenant d’observation dans l’armée de l’air, qui se charge du recrutement des premiers pilotes, en majorité des militaires

1918

Le 25 décembre, Latécoère se lance, avec le capitaine René Cornemont comme pilote, dans un vol d’essai au départ de Montaudran. Malgré les aléas climatiques, ils franchissent les Pyrénées avec un Salmson 2 A2, ouvrant le passage de Toulouse à Barcelone.

1919

La création des Lignes aériennes Latécoère (LAL) est un aboutissement et la première liaison relie Toulouse à Rabat.
Pour asseoir son entreprise, le « maître » de Toulouse doit recruter, rassembler, motiver. En Didier Daurat, pilote de reconnaissance puis de chasse, compagnon de guerre de Beppo de Massimi, il trouve l’indispensable chef d’exploitation, le « patron ».

1922

Les LAL deviennent la Compagnie générale d’entreprises aéronautiques (CGEA), l’exploitation des lignes étant séparée de la fabrication des matériels d’aviation, confiée à la Société industrielle d’aviation Latécoère (SIDAL).
Quatre ans après la création des Lignes aériennes Latécoère, Toulouse devient la « tête » de la plus grande ligne aérienne au Monde.
En centre-ville, l’Hôtel du Grand Balcon devient « la pépinière de la Ligne ». C’est de là, au petit matin que partent, en bus, les pilotes pour l’aérodrome, ainsi que l’écrit Saint-Exupéry dans Terre des hommes.

1925

La Ligne est poursuivie jusqu’à Dakar au Sénégal et des vols de reconnaissance sont effectués entre Rio et Buenos Aires et entre Rio et Natal.

1927

Pour des raisons politiques et financières, Pierre-Georges Latécoère est contraint de céder sa compagnie à un financier et industriel Marcel Bouilloux-Lafont.
La CGEA devient la Compagnie générale Aéropostale. La ligne Natal – Rio – Buenos Aires est alors inaugurée.

1928

Une liaison maritime régulière entre Dakar et Natal reliera les deux continents. La Ligne Toulouse – Buenos Aires est alors réalisée.
Avec le succès grandissant de la Ligne, on peut se demander pourquoi elle ne fit pas aussi étendue au nord, vers Paris. En fait, jusque dans les années 30, la plupart des lignes aériennes françaises étaient tournées vers l’étranger. Les discussions économiques de l’époque affirmaient que, malgré sa vitesse, l’avion ne pourrait concurrencer le train.

1930

Il était plus pratique de poster sa lettre avant le départ des express de nuit pour le sud et de la transborder sur un des avions partant tôt le matin : en 1930, une lettre ainsi envoyée était chez son destinataire de Casablanca, 24 heures plus tard.
Autres avantages que Toulouse offraient, malgré des capacités de fret inférieures à celles de Bordeaux : l’expérience aéronautique et surtout une météo plus clémente facilitant les vols.

Ci-dessous, un extrait d’un entretien de Massimy avec l’aérophile, 1-15 mai 1927 :

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Le 12 mai 1930, Jean Mermoz aux commandes du Laté 28  « le Comte de la Vaulx », accompagné du navigateur Jean Dabry et du radio Léo Gimié, franchissent l’Atlantique Sud et les 3 173 km qui relient Saint-Louis du Sénégal et Natal au Brésil, en 21h10.

La Ligne entre Toulouse et Santiago du Chili, en passant par Rio de Janeiro et Montevideo, deviendra un véritable mythe.

Les pilotes (dont les plus connus : Antoine de Saint-Exupéry, Jean Mermoz, Henri Guillaumet,…) franchiront au péril de leur vie, les Pyrénées, le Sahara, l’Atlantique sud, les Andes… Ils se surpassent pour que le courrier passe et que la légende demeure.

Cette histoire initiée par une entreprise française est devenue une histoire universelle. Les Lignes Aériennes Latéocoère (LAL), puis Aéropostale, survoleront trois continents, avant de devenir Air France en 1933.
Cette année-là, le premier avion d’Aéropostale pour Barcelone part chaque matin à 6 heures. Il est rejoint en Espagne par l’avion de Marseille, puis poursuit vers Casablanca, où il arrive à 15h50 après des escales supplémentaires à Alicante, Tanger et Rabat.

latecoere breg limousine

Aujourd’hui, sur le site de Montaudran, où succéderont à l’entrepreneur et avionneur Latécoère, l’avionneur Bréguet de 1938 à 1960, ainsi que le centre de maintenance d’Air France de 1936 à fin 2003, cinq bâtiments, symbole de cette glorieuse épopée subsistent encore :

Les grandes halles de montage, où sont construits durant plus de 20 ans des avions devenus mythiques : le Laté 25, dont le dernier exemplaire est visible au musée de Moron à Buenos Aires, le Laté 28, premier avion de ligne pour passagers et détenteur de 18 records mondiaux, le Laté 300 « la Croix du Sud », avec lequel Mermoz traversa à de nombreuses reprises l’Atlantique Sud, le Laté 521 « lieutenant de vaisseau paris » premier hydravion commercial à traverser l’Atlantique nord sans escale, etc..

> Le château Raynal (fin XVIIIe), où La Ligne s’organise et où les avions du futur sont imaginés et dessinés. Les pilotes y reçoivent leurs missions de vol auprès de Daurat.

> La piste, depuis laquelle décolle Mermoz et ses compagnons de vol et qui fut le premier aérodrome de Toulouse et le seul jusqu’en 1936.

> Le bâtiment radio, d’où l’on informe les escales de la progression du courrier que ce soit dans le désert du Sahara ou dans la Cordillère des Andes.

> Le bâtiment d’accueil des voyageurs qui fut le premier de l’histoire et où sont accueillis le roi des Belges Albert Ier, Paul Painlevé, Laurent Eynac et bien d’autres. Ils deviennent les premiers passagers réguliers du ciel.

Tous ces bâtiments sont protégés au titre des Monuments Historiques depuis 1997.

Sources : PG Latécoère – Correspondances. Laurent Albaret. Georges Barccabère et Georges Jorré, Toulouse, terre d’envol (Toulouse, 1966) Faucher Daniel. Toulouse, tête de lignes aériennes. In: Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest. Tome 1, fascicule 3, 1930. pp. 249-256. Rosemary Wakeman, « La ville en vol: Toulouse and the Cultural Legacy of the Airplane » French Historical Studies 17, 3 (printemps 1992), 769-790.

Dates et évènements

1918

Pierre-Georges LATECOERE dirige l’usine de matériel ferroviaire

> Lieu-dit Montaudran sur la ligne ferroviaire Toulouse-Sète

Spécialisation dans la fabrication d’avions de guerre

> Aérodrome aménagé par les prisonniers allemands


5 mai

Le premier avion biplace Salmson A2 N° série 1565 destiné à l’observation décolle de Montaudran avec comme pilote ,Pierre BASTIDE.

7 septembre 

Note préliminaire de Pierre-Georges LATECOERE remise à Jacques-Louis DUMESNIL (sous-secrétaire d’Etat à l’Aéronautique). PGL présente l’itinéraire de 12400 km entre Toulouse et Buenos Aires.

11 novembre

C’est l’Armistice. L’armée a reçu 800 avions fabriqués dans les usines LATECOERE. PGL dépose au greffe du tribunal de commerce de Toulouse les statuts d’une société d’étude et d’exploitation postale la CEMA (Compagnie Espagne-Maroc-Algérie).

2 décembre

PGL complète la lettre du 7 décembre. Proposition d’un traité de concession d’une ligne aérienne commerciale entre la France et le Maroc. Cette concession sera gérée par une société “Compagnie de Navigation Aérienne”. Avantage : cette société peut recevoir des aides de l’Etat

25 décembre

Exploration de la ligne Toulouse à Barcelone avec l’avion Salmson 2 et comme équipage, Capitaine René CORNEMONT et Pierre-Georges LATECOERE. Cette exploration dura 2h20 au départ de Toulouse Montaudran pour arriver à  l’Hippodrome de Barcelone. La piste de Montaudran fut ensuite agrandie (800x250m).

 

1919

3 mars (ou 28 février)

Exploration de la ligne Toulouse à Alicante (première tentative) avec 2 avions Salmson 2 et comme équipages : Paul JUNQUET et Pierre-Georges LATECOERE, Henri LEMAITRE et Beppo DE MASSIMI.

Les escales furent Barcelone pour Henri LEMAITRE et Beppo DE MASSIMI, la presqu’île de Tortosa pour Paul JUNQUET et Pierre-Georges LATECOERE puis Alicante.

Il y eu certain problèmes lors de l’exploration dont un avion endommagé à Alicante pour Henri LEMAITRE et Beppo DE MASSIMI (piste trop courte) et un avion en panne sur l’île de Tortosa pour Paul JUNQUET et Pierre-Georges LATECOERE puis une fois réparé Alicante, avion endommagé à l’atterrisage.

8 et 9 mars

Exploration de la ligne Toulouse à Alicante (deuxième tentative) avec 1 avion Salmson 2 N° 457 e comme équipage : Henri LEMAITRE et Pierre-Georges LATECOERE. Ils volèrent de Toulouse à Alicante avec une escale à Barcelone puis une nuit à Alicante le samedi 8. Puis d’Alicante à Casablanca avec des escales à Malaga et Rabat le dimanche 9. Ce jour là, Pierre-Georges LATECOERE remet au Général Lyautet le quotidien “Le temps” daté du 7 mars et un bouquet de violettes cueillies à Toulouse à son épouse.

15 mars

PGL demande à la direction des Postes à Paris un accord pour le transport du courrier aérien entre la France et le Maroc

6 et 10 avril

Deux voyages de repérages sont effectués sur le trajet Toulouse-Barcelone-Saragosse-Madrid. Le projet sera abandonné à cause du désaccord des autorités espagnoles.

12 mai 

PGL et Henri LEMAITRE quittent Casablanca pour Toulouse avec pour escales Rabat, Arbaoua, Malaga, Alicante, Barcelone. Ils transportent un sac de courrier remis à Casablanca par Jean WALTER, directeur de l’administration des Postes chérifiennes. Le vol s’achèvera sur le camp militaire de Canet-Plage en raison de la forte Tramontane.

11 juillet 

Contrat d’Exploitation des Lignes Aériennes Latécoère entre le Service de la Navigation Aérienne (SNAé) et PGL approuvé par le Général DUVAL, Directeur de l’Aéronautique. Le contrat dura 5 ans comprenant 8 liaisons mensuelles A/R imposées entre Toulouse et Rabat avec une durée du trajet < 40 heures. La subvention de l’Etat fut proportionnelle à la distance parcourue et des pénalités étaient prévues en cas de retard. L’Armée met à disposition une quinzaine de Breguet XIV A-2 pour la Ligne qui s’ajoutent aux 30 Salmson A2 marqués aux coulers de “Maison G. Latécoère Toulouse”

10 août

Raymond Vanier, pilote militaire, est chargé par le capitaine Beauté de convoyer des Bréguet XIV en direction de Toulouse pour y être affectés aux lignes Latécoère. Un mois plus tard, il rejoint la compagnie.

29 août

Beppo de Massini installé à Madrid est en charge des négociations avec les autorités espagnoles. Il obtient une convention autorisant les avions des Lignes Aériennes Latécoère à survoler une partie de l’Espagne et à créer des aéroplaces permanentes à Barcelone, Alicante et Malaga

1er et 2 septembre

Première liaison réalisée par Didier DAURAT et Jean DOMBRAY sur deux Breguet XIV A2. Fret constitué d’exemplaires de “La dépêche” et de bordeaux PTT mentionnés “NEANT”. Le retour eut lieu les 3 et 4 septembre.

1er octobre

Les pilotes sont basés sur les aéroplaces de la Ligne avec des horaires précis de départs “Parir et arriver à l’heure, tous les secret de notre entreprise était contenu dans cette formule” (Beppo de Massini)

Bilan 1919

> 9124 lettres transportées (678 kg de messageries et 178 kg de fret postal)

> 41 passagers dont 38 non payants

> 179 900 km parcourus

> 64 liaisons entre Toulouse et Rabat

> Manque de régularité et pas mal d’incidents mécaniques mais aucun avion perdu

 

1920

1er avril

Inauguration du premier service postal aérien espagnol par les Lignes Aériennes LATECOERE avec les pilotes Raymond VANIER et Beppo de Massini.

13 juillet

Casablanca devient officiellement le point de départ de la Ligne au Maroc après avoir été Rabat. Départs de Toulouse fixés les mardis et samedis ceux de Casablanca les mardis et vendredis. Le Contrat Trajet est inférieur à 41h pour 1845 km

1er septembre : bilan de douze mois d’activités

> 450 000 km parcourus en 1é mois

> 1000 étapes parcourues avec des passagers

30 septembre

PGL est fait chevalier de la Légion d’honneur.
Didier DAURAT remplace Pierre BEAUTE comme chef-pilote suivant les conseils de Beppo de Massini. Prise de fonction 1er octobre

2 octobre

Premier accident mortel sur la Ligne avec le pilote Jean RODIER et le mécanicien François Marty-Mahé qui s’écrasent au large de Port-Vendres à bord de l’avion Salmson n°31 FALAI.

5 octobre

Accident du Breguet XIV FALTA N°20 près de Valence en Espagne avec le pilote Charles GENTHON et le mécanicien Léo BENAS.

 27 décembre

Accident à Barcelone avec le pilote Jean SAGNOT et un mécanicien inconnu à bord de l’avion Salmson 2A2 N°57 FALBO.

Bilan 1920

> 20 avions détruits ou endommagés

> Flotte composée 30 Bréguet XIV (15 prêtés par l’Armée) et 30 Salmson 2A2 (basés Toulouse, Alicante, Casablanca)

> 15 pilotes assurent les trois rotations hebdomadaires et 30 mécaniciens

> Les Lignes Aériennes Latécoère représentent un tiers de la flotte aérienne commerciale française et  un cinquième des pilotes et mécaniciens

> 182 061 lettres transportées soit 3418 kg et 223 passagers

> 553 450 km parcourus sur la Ligne Toulouse-Casablanca

 

En 1920 Toulouse fait partie, avec Orly et Bordeaux en France, des places d’aviation équipées de radio-balises. Celles-ci serviront en septembre 1920 à un des premiers vols utilisant la navigation à la radiogoniométrie.

 

1921

Janvier

Trois liaisons aller-retour hebdomadaires entre Toulouse et Casablanca. Départ 7 heures de Toulouse et de Casablanca, lundi, mercredi, samedi.

15 février

Le Bréguet XIV N°2 FALBA s’abîme à Tanger, équipage tué : le pilote Henri MEREL et le mécanicien Maxime GARRIGUE. Au premier semestre : recrutement de Joseph ROIG qui prend la direction de l’exploitation au Maroc.

Avril

Quatre liaisons aller-retour hebdomadaires entre Toulouse et Casablanca. Daurat installe de nouveaux chefs d’aéroplace : Louis DELRIEU à Montaudran ; Raymond VANIER à Barcelone ; Jean DOMBRAY à Alicante ; Louis Bonnetête à Malaga ; Charles POULIN à Casablanca.
Didier DAURAT recrute Paul VACHET. Pierre BEAUTE quitte la compagnie. Création par Pierre-Georges LATECOERE de l’enveloppe “Par avion”.
Les Lignes Aériennes LATECOERE deviennent la Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques (CGEA) avec 5 administrateurs : PGL, Beppo DE MASSIMI, Gabriel ARNOU, Marcel PORTAIT, Paul-François DHE.

9 mai

Le pilote Marcel STICHER s’écrase lors de l’atterrissage forcé à Campello (Alicante) avec le Bréguet XIV n°103 FALHE.

11 août

Le pilote Roger PORTAL et son mécanicien François GAYE s’écrase lors d’un vol d’essai à Toulouse avec le Salmson N°32 FALBI.

Bilan

> 49 Bréguet XIV et 17 Salmson

> 327 805 lettres transportées soit 6707 kg

> 455 passages transportés (201 payants, 254 gratuits)

> 25 555 kg de messagerie (colis)

> 908 362 km parcourus

 

Le prix F. S. Lahm de l’Aéroclub de France est donné à Louis Delrieu pour avoir effectué, pour le compte des lignes Latécoère, 123 vols d’une durée totale de 455 heures sans aucune casse.

 

1922

1er mars

Cinq liaisons aller-retour hebdomadaires entre Toulouse et Casablanca

6 avril

PGL et Alexandre MILLERAND (Psd de la Rép française) assiste au départ à Casablanca du Bréguet XIV confié à Joseph ROIG sur le trajet Casablanca – Safi – Mogador (reconnaissance de la future ligne vers le Sénégal). Alexandre MILLERAND (Psd de la Rép française) en visite officielle au Maroc est transporté par la CGEA.

5 mai

Accident à Marbella avec le Bréguet XIV n°127 FALGU.

26 mai

Accident à Saint-Génis des Fontaines (Pyrénées) avec le Bréguet XIV n°126 FALFU. Mise en place des avions spare dans les escales décidée par Didier DAURAT

Eté 1922

Beppo de Massimi négocie avec les autorités de Madrid l’emport du courrier sur Toulouse-Casablanca au départ d’escales espagnoles. Bien qu’un accord s’ensuive, il concernera uniquement les lettres venant de, ou allant à l’étranger (vers la France ou la Maroc), mais pas le courrier intérieur.

1er septembre

Une liaison aller-retour quotidienne entre Toulouse et Casablanca.

Raymond Vanier décrit la formation des nouveaux pilotes à Montaudran :

« Les recrues devaient tout d’abord se familiariser avec les us de la base, s’en imprégner, en visitant les ateliers, les hangars, en regardant vivre chacun, de cet esprit d’équipe propre à la ligne et se laisser toucher par la foi. Ils s’entrainaient ensuite sur Bréguet effectuant jusqu’à plus soif des tours de piste, jusqu’à avoir leur appareil bien en main. Terminer ce carrousel, c’était réussir l’examen de passage qui décidait de la carrière. » (p. 58 dans ses mémoires).

Il ajoute que le premier vrai lâcher était toujours sur la ligne Toulouse-Barcelone. En général, les recrues formées à l’automne étaient envoyées en première mission au printemps suivant.

 

1923

26 janvier

Le comte de la Vaux, président de l’Aéroclub de France, embarque à Toulouse pour les villes desservies par « la Ligne », le comte rentre à Toulouse le 31 mars avec quelques 8000 nouvelles adhésions à l’Aéroclub de France.

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Février

Les avions Toulouse-Casablanca transportent 174 824 lettres, soit plus de trois fois le nombre de l’année précédente à la même époque (53 699).

Septembre

Ce total atteint 222 980 lettres, et 234 692 le mois suivant.

PG. Latécoère, qui exige des départs à l’heure, à tout prix, instaure un système de primes : toute étape effectuée en plus de six heures de temps n’est pas payée.

 

1924

Eté

Le Lat 16 postal est présenté. Il prend en compte plusieurs demandes des pilotes, notamment une visibilité totale vers l’avant, mais sa vitesse limitée (à 180 km/h) ne permettra pas son emploi avec succès sur Toulouse-Casablanca.

19 octobre

P.G.Latécoère représente l’Aéroclub de France à un banquet qui honore Clément Ader

Octobre

Arrivée de MERMOZ à Toulouse

6 novembre

Le pilote Georges Baptiste PAYAN est tué en heurtant une montagne dans le brouillard alors qu’il assure la ligne Toulouse-Casablanca

 

1925

La CGEA installe son siège social 79, avenue Marceau à Paris, et augmente son capital de huit millions à vingt millions de francs.

Mort à Toulouse, le 3 mai, du pionnier de l’aviation Clément ADER. Ses premières expériences aéronautiques avaient été faites dans la région.

Projet de prolongation de Toulouse-Casablanca jusqu’à Dakar (trois jours sont prévus).

L’Aérophile 1-15 mai 1925

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10 juin

Le Président du conseil Paul PAINLEVE accompagné de Laurent EYNAC volent sur CGAE/Laté de Toulouse à Casablanca. Comme les journalistes suivent, la compagnie doit prévoir cinq avions à chaque escale au lieu de deux.

Été

Toulouse fait désormais partie officiellement des aérodromes francais où le traffic aérien international peut se poser et faire les formalités d’admission et de dédouanement.

L’Aérophile, 1-15 septembre :

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1-15 Novembre

Madeleine JAFFEUX, journaliste, pilote et aéronaute, écrit un article sur les avantages de rallier le Maroc par avion et offre ses impressions des treize heures de voyage avec les lignes LATECOEREe (L’Aérophile, 1-15 novembre 1925)

 

1926

Octobre

Antoine de Saint Exupéry entre en service chez Latécoère.

3 décembre

Malgré une année record qui voit le transport de 6.149.489 lettres (soit le total des années 1920 (182.061) et 1921 (327.805), LATECOERE part en voyage en Amérique du sud dans l’espoir de trouver des investisseurs. Il rencontre Marcel BOUILLOUX-LAFOND. A ce moment la ligne compte quelques 120 avions, 60 pilotes et 200 spécialistes techniques. En outre, l’usine de Latécoère emploie 800 ouvriers.

 

1927

11 avril

Contre trente millions de francs, Marcel BOUILLOUX-LAFOND devient propriétaire des lignes LATECOERE.

Changement de nom en Aéropostale.

Eté

Jusqu’alors, les essais de nouveau matériel aéronautique Latécoère s’effectuent au terrain de Montaudran. A partir de cet été là, l’exiguïté du terrain nécessite le déplacement de ces essais sur le terrain de Francazal.

Novembre

Emile NEGRIN depuis Toulouse et Jean MERMOZ depuis Buenos Aires inaugurent la première véritable ligne France-Argentine.

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1928

7 septembre

P.-G. LATECOERE présente son projet de ligne commerciale France-Amérique du sud.

21 septembre

Promulgation d’un édicte du ministère de l’air interdisant toute traversée transatlantique par d’autre moyen que l’hydravion.

1930

Mars

Lors des inondations de mars dans le sud-ouest de la France, des avions de l’Aéropostale aident à signaler l’ampleur des dégâts en prenant des clichés aériens.

 

Source : Les innondations de mars 1930 dans le Sud-Ouest de la France. Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest. Tome 1, fascicule 4, 1930. pp. 1-32.